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 we are anonymous livmax

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frog fonda ★

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MessageSujet: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:26

Maxwell P. Anderson a écrit:


We are anonymous
Avec Liv



« Non désolé, ça ne m'intéresse pas. » J'avais formulé ça aussi poliment que possible, mais ma jeune camarade, de deux ans mon aîné, me fusilla du regard comme si je l'avais frappée. Je grommelais dans ma barbe (inexistante) et me détournais pour rejoindre ma voiture. Décidément, pourquoi tout le monde voulait me faire sortir, ces temps-ci ? Je n'étais absolument pas d'humeur. En traversant le parking, j'eus le temps de sortir mon portable et de taper un petit texto « Online dans 20 mn » puis un sourire apparut sur mon visage quand je cliquais sur le nom dans mon répertoire. Liv. Je secouais la tête, et montai dans ma voiture. Le trajet me parut long, mais j'écoutais avec attention une radio scientifique pirate, qui donnait des informations en direct sur les découvertes dans le monde entier. Je me garai en bas de mon immeuble, me fis tremper comme une soupe par une averse soudaine et montais les escaliers en sifflotant (et crachotant de l'eau.) Ma porte s'ouvrit en grinçant, et je m'affalais dans mon canapé.

Je fermais les yeux, retirai mes lunettes, et me pris cinq bonnes minutes pour me reposer. J'avais dormi environ huit heures au cours de ces trois derniers jours, mais la fatigue ne se faisait sentir que quand elle avait envie, garce cruelle et volage, soeur jumelle de l'inspiration. Je me redressais enfin, allumai mon ordinateur et mon chan skype. Je mis mon écouteur à mon oreille - j'avais acheté il y a peu un écouteur micro hight tech, qui ressemblait à un mélange entre un micro et un alien, et puis en plus ça brillait dans le noir - et me raclais la gorge avant de parler. « Hey, c'est Maxou. » Superbe entrée de jeu, hein ? On sent la passion, le mec cool, branché. Ou pas. Je me levai et allais pianoter sur mes deux claviers, près de mes grosses unités centrales. Tout en configurant quelques données sur le logiciel sur lequel je travaillais, je continuais de parler sans trop savoir si Liv m'entendait. « Désolée si j'ai la voix ensommeillée. J'ai dormi huit heures en trois jours, la dernière fois que j'ai mangé remonte à trop longtemps pour que je m'en souvienne, et je viens de me prendre une averse. Je suis trempé » fis-je en riant, et en retirant mon sweat. Je frissonnais, et après avoir monté les chauffages, mis un tee-shirt propre. J'étais seul chez moi, et pourtant, depuis quelques temps, je n'étais pas vraiment seul. J'avais connu Liv sur le net, et nous avions rapidement accroché. Cette jeune femme dont je ne connaissais pas le visage m'avait dévoilé autant que je lui avais dévoilé de choses. Je n'aurai su définir notre lien, mais qui avait besoin d'étiquette, de définition ? « Tiens, j'ai lu quelque chose d'intéressant tout à l'heure. Un penseur a dit que notre vie n'était en réalité que le rêve d'un dieu, que chaque mouvement, chacun de nos faits et gestes n'étaient en réalité que sa décision à lui. Que nos vies ne menaient à rien, et que nous n'étions que des bulles dans un songe. Une fois réveillé, nous finirions tous au cimetière des rêves. Ca m'a fait réfléchir ... Tu en penses quoi ? » Je frottais mon nez et passais une serviette dans mes cheveux. Mes lunettes étaient pleines de buée. Je me fis la réflexion que c'était tout aussi bien que Liv ne me voit pas - je n'étais pas du genre à faire attention au physique. J'aurai pu déclarer que Liv avait une jolie voix, si j'y portais de l'attention. Même si je ne songeais pas qu'elle soit jolie, j'aimais le timbre de sa voix. Et, un instant, une pensée me vint, récurrente depuis quelques semaines : je me demandais ce que cela ferait si l'on se voyait, en face à face.

Ridicule, Max. Internet vous offre l'anonymat. Vous êtes deux jeunes gens capables d'échanger des idées et des pensées, et tu voudrais tout gâcher en incluant la donnée physique dans le tableau ? Je soupirais, éternuais et fis couler du café. Je méritais une bonne douche et une bonne nuit de sommeil, mais j'avais envie de lui parler avant. Les sms que l'on échangeait ne me suffisaient pas. J'avais besoin de ma dose de Liv chaque jour. Je m'étais confié à elle sur bien des sujets - et d'ailleurs, j'allais sûrement remettre sur le tapis le sujet Eloïse ... Je soupirais encore, et m'assis dans mon canapé, en essayant de me détendre un peu.


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frog fonda ★

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MessageSujet: Re: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:27




WE ARE ANONYMOUS.


when life leaves you high and dry, i'll be at your door tonight, if you need help. i'll shut down the city lights, i'll lie, cheat, i'll beg and bribe to make you well.


Liv montait machinalement les marches des quatre étages qui la séparaient du petit appartement qu’elle partageait avec sa sœur Blueberry et leur colocataire Ariadne. Elle avait profité de son après-midi de congé pour aller faire quelques achats et s’était fait plaisir en achetant notamment divers ustensiles de pâtisserie. Elle venait de recevoir son tout premier salaire, et même si ce n’était pas raisonnable, elle avait voulu célébrer cet événement en se permettant pour une fois un petit écart. Alors qu’elle était sur le point d’arriver sur le palier, elle entendit le bip familier annonçant qu’elle avait reçu un message. Jonglant entre ses sacs, elle parvint à sortir son téléphone de la poche de son manteau et lut le texto. Un sourire vint poindre sur ses lèvres tandis qu’elle vit le destinataire. Max. « Online dans 20 mn » Bien qu’elle mourût d’envie de lui répondre tout de suite, Liv savait que ce n’était pas une bonne idée compte tenu qu’elle tenait déjà à peine en équilibre. Elle monta donc quatre à quatre les dernières marches qui restaient et ouvrit tant bien que mal la porte de son appartement.

Les vingt minutes passèrent très vite. La jeune femme eut à peine le temps de déposer ses sacs dans la salle de séjour (qui leur servait accessoirement de cuisine et de salle à manger également) avant de filer se changer dans une tenue plus confortable. Elle était de ces filles qui, à peine rentrées chez elles, troquaient leurs beaux vêtements pour un bas de training et un débardeur. Une fois changée, Liv amena son ordinateur portable sur la table du salon, l’alluma et mit son écouteur-micro. Max en avait acheté un tout récemment et le lui avait montré, tout fier de son achat. Elle n’avait jamais été très portée technologie, mais depuis qu’ils passaient des heures à parler via Skype, elle avait également investi dans ce petit joujou afin d’être plus libre de ses mouvements pendant leurs appels. Puis, tandis qu’elle attendait que son ami se connecte, elle se mit à ranger dans les placards – déjà trop remplis – de leur petite cuisine ses nouveaux ustensiles. Elle espérait que ni Blue ni Ariadne ne lui feraient de remarque à ce propos ; au pire, elle achèterait une nouvelle boîte qu’elle garderait rangée dans sa chambre, même si cela n’avait que peu d’intérêt si elle allait les utiliser pour ses pâtisseries. La sonnerie habituelle de Skype se fit bientôt entendre, suivie par cette voix si chère. « Hey, c’est Maxou. » Liv ne put réprimer un sourire lorsqu’elle entendit sa voix, désormais reconnaissable entre mille. Le simple fait de l’entendre suffisait à l’apaiser et à la remplir de bonheur. Parler comme ça tous les deux était devenu normal, aussi naturel que de se nourrir ou de respirer. « Hey Maxou. » dit-elle à son tour, comme un écho légèrement taquin. Elle pouvait discerner au loin le tapotement de ses doigts sur le clavier, son qui l’agaçait autrefois et qui la berçait aujourd’hui. « Désolé si j'ai la voix ensommeillée. J'ai dormi huit heures en trois jours, la dernière fois que j'ai mangé remonte à trop longtemps pour que je m'en souvienne, et je viens de me prendre une averse. Je suis trempé. » Liv sourit à nouveau. C’était tout lui ça. Il était tellement concentré sur toutes ces choses qu’il faisait qu’il en oubliait presque de manger et de dormir. Elle se mit sur la pointe des pieds et tenta d’attraper une boîte tout en haut du placard, mais c’était peine perdue, elle était trop petite. Dans un fracas non voulu, elle attrapa une chaise et grimpa dessus pour attraper ce dont elle avait besoin. « Va prendre un bon bain chaud quand on aura raccroché, et ne te couche pas trop tard. Je ne voudrais pas que tu tombes malade… » lui répondit-elle, dissimulant à peine son inquiétude. Elle n’avait pas peur de dire ce qu’elle pensait, elle savait que Max était au-dessus de tout ça et qu’il ne la jugerait pas. Liv descendit de son perchoir avec la boîte, en faisait bien attention de ne pas s’encoubler. Ses paroles n’auraient aucune crédibilité si elle n’était elle-même pas prudente. « Tiens, j'ai lu quelque chose d'intéressant tout à l'heure. Un penseur a dit que notre vie n'était en réalité que le rêve d'un dieu, que chaque mouvement, chacun de nos faits et gestes n'étaient en réalité que sa décision à lui. Que nos vies ne menaient à rien, et que nous n'étions que des bulles dans un songe. Une fois réveillé, nous finirions tous au cimetière des rêves. Ça m'a fait réfléchir ... Tu en penses quoi ? » Liv sourit à nouveau aux paroles de son ami. Elle s’assit sur la chaise qui lui avait servi de promontoire et réfléchit l’espace d’une seconde à ce qu’il lui avait dit. Leurs discussions étaient souvent alimentées par des sujets intéressants et nouveaux, et jamais Liv ne s’ennuyait. Max était un garçon brillant et captivant. Parfois il lui arrivait de penser qu’elle ne le voulait que pour elle. En tout bien tout honneur bien sûr. Il était tellement adorable que la simple pensée de le voir en compagnie d’autres personnes la rendait un peu jalouse, bien qu’elle ne pût pas mettre le doigt sur une raison précise et acceptable. « J’en pense que c’est toi qui est censé être le plus fatigué de nous deux et que finalement, c’est moi qui semble avoir besoin d’une bonne nuit de sommeil. » commença-t-elle en riant, ses longs cheveux glissant sur ses épaules. « Mais plus sérieusement, je trouve ça un peu triste comme façon de penser… Je préfère me dire que je suis libre d’être ce que je suis et de devenir ce que je veux être. »

Elle fut coupée dans son élan par un pot en verre qui avait terminé sa chute sur le sol, brisé en plusieurs morceaux. « Zut. Je viens de casser un pot. » laissa-t-elle échapper. Elle se leva avec précaution, attrapa le balai à portée de main et entreprit de ramasser tous les morceaux. « Continue de parler, je t’écoute. Je vais juste nettoyer mes bêtises. » Sa voix résonna dans sa tête et Liv sourit doucement. A quoi ressemblait cet homme à l’autre bout du fil ? Était-il grand ? Petit ? Brun ? Blond ? Avait-il une barbe ? Un tatouage ? Non, ce n’était pas exactement du genre de Max à vrai dire. Jusqu’à présent, aucun n’avait jamais abordé le sujet « apparence physique », mais Liv devait admettre que plus le temps passait, plus elle était intriguée. Bien sûr, elle ne ressentait pas le besoin de savoir toutes ces choses. Pas encore en tout cas. Cette voix appartenait à une personne extraordinaire et ça lui suffisait pour l’instant.


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MessageSujet: Re: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:27

Maxwell P. Anderson a écrit:


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Entendre le son de sa voix avait un effet relaxant. « Hey Maxou. » Cette mélodie vaguement taquine, que brouillait parfois l'intensité virtuelle du casque, me fit chaud au coeur cependant. Je sentais dans cette salutation autant de joie que j'en éprouvais à lui parler. Alors que je m'essuyais et changeais de tee-shirt, je saisissais qu'elle faisait elle aussi des choses. La curiosité pointa le bout de son nez : à quoi était-elle donc occupée ? « Va prendre un bon bain chaud quand on aura raccroché, et ne te couche pas trop tard. Je ne voudrais pas que tu tombes malade… » Je faillais éclater de rire : Liv était du genre à s'inquiéter. Quand je lui parlais de mes nuits blanches, de mon manque de nourriture, de mes longues heures de travail, elle se montrait maternelle. J'appréciais cela, dans le sens où je sentais qu'on prenait soin de moi. Même si c'était virtuel, sans contact, juste avec le son d'une voix, l'intérêt qu'elle me portait était désintéressé et plaisant. Je n'avais pas peur de parler tout haut de ce qui me tenait à coeur, parce que son ouverture d'esprit était incroyable. Nos discussions frôlaient parfois l'étrange ou l'absurde, mais c'était ce que j'aimais le plus : pouvoir dire ce que je pensais sans que l'on se juge. Nulle censure ne planait au-dessus de nous. Pour quoi faire ? Nous débattions des heures, mes yeux rivés au plafond, un sourire frôlant mes lèvres carmines. « Ne t'inquiètes pas. Je finirai bien par assimiler de prendre soin de moi. » Je lisais ces derniers temps divers bouquins, notamment un essai philosophique sur le langage et le domaine du rêve. Peut-être est-ce cela qui m'attira à interroger Liv. Ou peut-être juste de l'avidité, un désir de connaître ses avis. Au loin, comme étouffé dans du coton, j'entendais le bruit délicat de ses gestes. Elle me semblait vivre dans une autre galaxie, quand j'écoutais ses mouvements sans les voir. Mon imagination carburait donc, mais jamais je ne mettais de traits sur son visage. Je lui offrais encore cette dernière faveur, celle de la laisser anonyme même dans mon esprit. Ce n'était peut-être pas grand chose, mais cela signifiait beaucoup pour moi.

Comment m'imaginait-elle, d'ailleurs ? Mes interrogations, rapides flèches invisibles dans mon esprit, furent interrompues par sa réponse. Assis dans le moelleux du canapé, mes jambes remontées contre moi, mon menton sur mes genoux, je perçus sa voix, concentré sur son élocution et son timbre féminin. « J’en pense que c’est toi qui est censé être le plus fatigué de nous deux et que finalement, c’est moi qui semble avoir besoin d’une bonne nuit de sommeil. » J'étouffais un rire en entendant le sien, cristallin, qui vibra dans mon oreillette comme le son d'une clochette d'argent. J'avais appris à aimer son rire ; Liv m'avait enseigné à l'apprécier toute entière. « Mais plus sérieusement, je trouve ça un peu triste comme façon de penser… Je préfère me dire que je suis libre d’être ce que je suis et de devenir ce que je veux être. » « Triste ? Je ne sais pas si une idée peut être triste, mais il est possible que la finition de la pensée amène à une certaine nostalgie, quand on songe à cette liberté qui n'est qu'illusion ... » Je m'étais laissé emporter dans cette discussion, quand soudain un bruit de verre brisé me fit me redresser, debout. Mon corps avait réagi instinctivement, et je me retrouvai les mains dans le vide comme pour attraper quelque chose qui serait tombé. « Zut. Je viens de casser un pot. Continue de parler, je t’écoute. Je vais juste nettoyer mes bêtises. » « Tu vas bien ? Tu ne t'es pas blessée au moins ? Attention à ne pas te couper. » Je me rassis, sans comprendre pourquoi mon coeur s'était emballé. J'inspirais, et retournais m'installer au bureau où étaient installées mes deux unités centrales. Je me remis à taper sur les deux claviers, paresseusement. « Alors, cette journée ? Tu as enfin été payée pour ton dur labeur ? » fis-je d'une voix enjouée, tout en glissant mon regard sur les deux écrans face à moi. Leur luminosité pâle rendait mon visage livide ; je remontai mes lunettes du bout de l'index en calculant un principe mathématique complexe. « J'ai presque fini de faire valider une thèse auprès d'un de mes professeurs » continuais-je avec un sourire : j'étais de mauvaise foi. C'était de moi-même que je ne dormais pas. Trop de choses à faire, en si peu de temps. Un savoir incroyable, une source intarissable, pourquoi s'ennuyer à sommeiller ? « Je suis passé à la librairie d'un ami, et j'ai trouvé quelques livres intéressants sur la cuisine. J'ai également découvert en bibliothèque universitaire un essai ancien sur la vie des grecs, et devine ! Il y a une liste de plats avec leurs ingrédients. Des repas qu'ils prenaient aux festins ! Il doit bien y avoir une vingtaine de mets qui sont définis, avec plusieurs gâteaux et entremets sucrés. Si tu me laisses le temps, je le traduirais pour toi vu qu'il est en grec ancien, ça te tente ? » Pour tout dire, j'avais déjà commencé la traduction. Juste parce que j'avais imaginé que ça lui plairait. Je me pinçais les arrêtes du nez, sentant poindre une migraine ophtalmique. J'avais besoin de sucre. Je me traînais jusque ma cuisine, me servis un soda frais et après l'avoir roulé sur mon front, en bus une gorgée. Je soupirais calmement, goûtant à la joie des sucres rapides. « Je me suis fait une réflexion, la nuit dernière, après notre conversation. Cela va bientôt faire, quoi, deux ans qu'on se parle ? » Ma voix avait perdu son assurance, et était caressante, maladroite. Je n'étais pas un robot sans coeur, et j'étais heureux de cette longue correspondance, d'abord par clavier puis orale. J'inspirais lentement - songer que j'étais à Wellington depuis deux ans n'en était parfois que plus douloureux. Cela me ramenait à ma raison de départ. Eloïse. Mais je ne voulais pas encore parler d'elle, ni de son deuxième enfant. J'avais espéré que cela ne m'atteigne plus. J'avais eu tord. Je restai silencieux un instant, en présumant que même sans rien dire, Liv saurait que quelque chose clochait. Je ne voulais pas l'inquiéter. Mais je ne savais pas sur quoi engager la conversation - ma bouche était pâteuse et mes mains tremblantes. Le manque de sommeil, du moins je croyais que c'était ça. Je reposais la canette sur mon bureau, et posais à plat mes paumes sur le bois tendre du meuble. Calme-toi, Max. Liv était là. C'était une constante rationnelle. Elle avait toujours été là, non ? Dans les moments durs, je m'étais tourné vers elle. Quand Eloïse hantait mes nuits, quand je me sentais mal à l'aise ou perdu, Liv avait su trouver les mots. Je souris et frottai le bout de mon nez. « Quand je songe à ton soutien, une phrase me vient à l'esprit. Une citation, de Oscar Wilde. « N'importe qui peut compatir aux souffrances d'un ami, mais seule une personne exceptionnelle est capable de se montrer sensible au succès d'un ami. » Je ne te le dis peut-être pas assez souvent, mais tu es quelqu'un d'exceptionnel, Liv. Vraiment. » D'où me venait ce soudain accès de nostalgie, d'émotion ? Je soupirai, puis eus un rire doux, sans moquerie aucune. « Pardon, je suis fatigué, et j'ai eu une rude journée. » Piètre excuse. A laquelle elle ne se laisserait sûrement pas prendre. Elle était trop intelligente, trop rusée pour ça.


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MessageSujet: Re: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:28




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when life leaves you high and dry, i'll be at your door tonight, if you need help. i'll shut down the city lights, i'll lie, cheat, i'll beg and bribe to make you well.


Liv avait toujours été une personne qui prenait soin des gens. Elle était même prête à sacrifier son propre confort au profit de quelqu’un qui lui était cher, sans la moindre hésitation. C’est pour cela que le sujet Max était parfois un peu délicat pour elle. Elle savait qu’il faisait beaucoup de choses en permanence et s’inquiétait toujours pour sa santé. « Ne t'inquiètes pas. Je finirai bien par assimiler de prendre soin de moi. » lui avait-il répondu alors. Liv ne put réprimer un nouveau sourire. Max pouvait parfois paraître si détaché. Elle se disait souvent que, si elle le pouvait, elle prendrait davantage soin de lui, de manière plus concrète. Comme lui faire à manger par exemple. Après tout, la cuisine était son domaine. « J’espère bien. Le plus tôt sera le mieux. » Elle continuait de ranger ses petits joujoux culinaires tandis qu’ils continuaient leur conversation sur des propos plus philosophiques. Max était définitivement quelqu’un de vraiment exceptionnel, sous les sens du terme. Liv se disait très souvent qu’elle avait eu une chance inouïe de tomber sur lui près de deux ans auparavant. Il lui arrivait d’essayer d’imaginer sa vie si Max n’y était pas entré. Elle n’y parvenait pas sans ressentir comme un trou dans son cœur, car il était devenu indispensable. Pourtant, si elle ne s’était pas réfugiée sur le net après sa rupture avec Tobias, Max ne serait pas là. Ou elle aurait pu rencontrer quelqu’un d’autre, quelqu’un qui ne lui aurait pas apporté toutes ces choses. Quelqu’un qui aurait pu être une mauvaise personne. Quelqu’un qui aurait pu essayer de lui faire du mal. Mais non, elle était tombée sur Max, qui s’inquiétait autant pour elle qu’elle ne s’inquiétait pour lui. Et il lui en amena une fois de plus la preuve lorsqu’elle fit tomber un pot de verre par terre. « Tu vas bien ? Tu ne t'es pas blessée au moins ? Attention à ne pas te couper. » « Non, ne t’en fais pas. C’est juste ma maladresse qui a encore frappé. » dit-elle en éclatant de rire. Sa maladresse était légendaire et elle était surprise de constater que jamais elle n’avait eu de problème pendant son apprentissage de pâtissière. Peut-être parce que sa concentration était encore plus forte et qu’elle faisait davantage attention à son lieu de travail. Avec le temps, elle avait appris à rire de cette maladresse, qui l’avait pourtant handicapée plus d’une fois. « Vraiment, si tu me voyais… La plupart du temps je me demande comment je fais pour tenir sur mes deux pieds… ! » Elle entreprit alors de nettoyer le pot cassé, faisant bien attention de ne pas se blesser. Pour ce faire, elle alla fouiller dans le petit placard en fouillis de leur appartement et commença à chercher une balayette et la petite pelle qui va avec. Elle entendit dans son écouteur Max qui s’était remis à écrire sur son clavier, sans s’être rendue compte auparavant que le silence avait remplacé les tapotements. « Alors, cette journée ? Tu as enfin été payée pour ton dur labeur ? » Liv débarrassa le désordre qui traînait à l’entrée du placard tout en écoutant son ami. « Oui, et j’ai déjà bien entamé ma paie pour tout te dire. J’allais dire que ça faisait du bien de se sentir enfin un peu indépendante, mais ce n’était pas très raisonnable de dilapider ma paie dès le premier jour. Espérons que ça me serve de leçon. »

Tout en parlant, la jeune fille avait continué de « creuser » dans le placard et avait finalement brandi victorieusement le fruit de ses recherches. Elle attrapa également un grand balai, puis referma la porte du placard. Elle s’assit alors contre le mur pour écouter Max parler. Les débris de verre pouvaient attendre quelques minutes, elle avait envie de se concentrer un moment sur le timbre de sa voix. « J'ai presque fini de faire valider une thèse auprès d'un de mes professeurs. » Liv aborda un nouveau sourire, cette fois ressentant une certaine fierté à l’égard de son ami. Elle ne connaissait personne qui était à la fois aussi doué et aussi intéressé par ses cours. La plupart des gens se contentaient de faire des études pour avoir un quelconque travail plus tard. Mais Max était un vrai passionné et cela se ressentait lorsqu’il parlait. « Je suis passé à la librairie d'un ami, et j'ai trouvé quelques livres intéressants sur la cuisine. J'ai également découvert en bibliothèque universitaire un essai ancien sur la vie des grecs, et devine ! Il y a une liste de plats avec leurs ingrédients. Des repas qu'ils prenaient aux festins ! Il doit bien y avoir une vingtaine de mets qui sont définis, avec plusieurs gâteaux et entremets sucrés. Si tu me laisses le temps, je le traduirais pour toi vu qu'il est en grec ancien, ça te tente ? » Le visage de Liv s’illumina. La Grèce avait toujours été un pays qu’elle admirait, notamment pour toute sa mythologie. Elle se rappelait y avoir fait un voyage avec Blue et ses parents adoptifs lorsqu’elle était plus jeune et le simple souvenir des plats qu’elle y avait mangés lui donnait l’eau à la bouche. « Tu vas rire, mais la Grèce est un de mes pays favoris. J’adorerais avoir des recettes de gâteaux de là-bas, anciens ou récents. Merci Max, c’est vraiment gentil de ta part. Mais tu es sûr que ça ne t’en demanderas pas trop… ? » Elle ne voulait pas ajouter de la charge à ses trop nombreuses choses à faire. Il finirait vraiment par collapser un jour s’il continuait sur cette lancée. Elle savait qu’il ferait ça pour elle, mais elle ne voulait pas lui causer un quelconque tort. Liv ferma les yeux un instant, se laissant bercer dans l’atmosphère douce et paisible qui régnait. Toffee, le chaton qu’elle avait récemment adopté, sortit la tête de la chambre entrouverte et voyant sa maîtresse assise par terre, accourut à ses côtés pour réclamer un câlin à coup de ronrons. L’animal se mit à ronronner au contact de sa main et Liv le prit sur ses genoux.

« Je me suis fait une réflexion, la nuit dernière, après notre conversation. Cela va bientôt faire, quoi, deux ans qu'on se parle ? » La voix de Max la ramena sur Terre. Cette voix qu’elle connaissait effectivement depuis bientôt deux ans, mais qui depuis était devenue si familière et si apaisante. Liv crut y percevoir une très légère appréhension, comme s’il n’était pas sûr de ce qu’il voulait dire, et cette impression lui réchauffa encore plus le cœur. Ces petites choses traduisaient plus qu’il ne le voudrait certainement, elles montraient à Liv qu’il tenait vraiment à elle. La voix de Liv se fit elle plus douce et remplie d’émotions. « Oui, ça fera bientôt deux ans. C’était au début du mois de décembre. Je m’en rappelle comme si c’était hier. » Elle y songeait très souvent. Cette relation qu’elle avait aujourd’hui avec Max, elle savait qu’elle durerait durant toute leur vie. Même si leurs conversations s’espaçaient, même si un jour la distance s’instaurait à nouveau, elle savait que rien ne pourrait réellement les séparer. Car il était devenu son pilier, et elle était devenue le sien. Elle ne pouvait pas trouver les mots pour expliquer le lien qui les reliait, mais il était fort, indestructible. Elle connaissait jusqu’à ses plus grandes hantises et il connaissait tout d’elle. Elle se sentait privilégiée d’avoir un tel individu dans sa vie. « Quand je songe à ton soutien, une phrase me vient à l'esprit. Une citation, de Oscar Wilde. « N'importe qui peut compatir aux souffrances d'un ami, mais seule une personne exceptionnelle est capable de se montrer sensible au succès d'un ami. » Je ne te le dis peut-être pas assez souvent, mais tu es quelqu'un d'exceptionnel, Liv. Vraiment. » Liv sentit le rouge lui monter aux joues et son cœur rata un battement. Son esprit était comme happé par les paroles que Max venait de prononcer. Lui qui ne se montrait que rarement aussi sentimental avait tiré en plein dans le mille. La jeune fille resta un instant silencieuse, accusant le coup. Elle savait que si elle ouvrait la bouche maintenant, sa voix ressortirait tremblante et sans aucune assurance. Sans qu’elle ne puisse savoir pourquoi, elle ne voulait pas montrer l’impact qu’il venait d’avoir sur elle. Il eut un rire très doux, discret. Alors, avant même qu’elle ne prenne la parole, Max ouvrit à nouveau la bouche. « Pardon, je suis fatigué, et j'ai eu une rude journée. » Liv prit quelques secondes supplémentaires avant de parler. Elle savait que ce n’était pas la fatigue qu’il fallait accuser cette fois, mais elle décida de ne pas le mentionner, car elle ne voulait pas le gêner plus qu’elle ne l’était. « Merci Max. Que tu sois fatigué ou non, ce que tu viens de me dire me touche énormément. De ta part, vraiment, ça me fait plaisir à un point que tu ne peux pas imaginer. » Elle inspira un bon coup et continua ce qu’elle avait à dire. « Tu es quelqu’un de merveilleux, Max. Tu es vraiment adorable et tu as changé ma vie. Vraiment, je suis sérieuse. Je ne sais pas où j’en serai aujourd’hui si tu n’avais pas été là quand j’en avais besoin, mais je sais que je n’arrive plus à imaginer ma vie sans que tu ne sois là. » Les joues chaudes, Liv secoua doucement la tête pour pallier à la gêne qu’elle ressentait d’avoir ouvert son cœur. Ce n’était pas comme d’habitude, c’était beaucoup plus… intime. Elle avait l’impression de l’avoir laissé entrer dans son intimité, chose qu’elle n’avait jamais faite avant.

Pour se remettre de ses émotions, Liv se leva et déposa Toffee sur le sol. Elle attrapa son balai et le reste pour nettoyer le verre qui gisait toujours à côté de la table, dans la cuisine. Le chaton remarqua alors les débris et s’y dirigea à toute allure. « TOFFEE ! » s’écria Liv en courant derrière l’animal. Elle réussit à l’attraper avant qu’il ne se blesse avec le verre acéré et lâcha un gros soupir. Toute cette peur, toute cette tension, toutes ces émotions qu’elle avait ressenties ces derniers instants s’évacuèrent par une larme silencieuse qui coula le long de sa joue. « Désolée d’avoir crié. Toffee est allé dans les débris de verre. » Elle alla enfermer le chat dans sa chambre le temps qu’elle puisse tout nettoyer. Pourtant, elle se sentait encore un peu gênée, la boule au ventre. L’atmosphère était devenue un peu trop pesante finalement, si bien que l’Anglaise éclata de rire. « C’est quand même dingue. Je t’ai raconté tout ce qu’il y avait à raconter sur moi, mais c’est la première fois que je me sens gênée de t’avoir dit ce que je ressens. Mais je ne regrette pas, hein ! Et je pense tout ce que j’ai dit. » Ses sentiments étaient vrais et sincères. Elle était heureuse d’avoir Max comme ami.


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MessageSujet: Re: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:29

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Liv était une personne adorable. Quand elle s'inquiétait pour moi, j'avais du mal à être aussi indifférent à mon bien-être que d'habitude. Un peu grâce à elle j'avais instauré des repas relativement réguliers et des séances de sommeil minimum. Parce que je ne voulais pas l'angoisser. Je prenais ça avec le sourire, mais dans le fond, elle avait amélioré mon quotidien, en prenant soin de moi. Songer à ça de cette façon me donnait une impression étrange mais douce. Cela ne m'empêchait pas de m'inquiéter pour elle, et surtout de sa maladresse légendaire. Je ne pouvais pas m'empêcher de trouver ça adorable : une jeune fille aussi gentille qui faisait tomber autant de choses, c'était mignon. « Non, ne t’en fais pas. C’est juste ma maladresse qui a encore frappé. Vraiment, si tu me voyais… La plupart du temps je me demande comment je fais pour tenir sur mes deux pieds… ! » Je posais ma main sur ma bouche pour qu'elle n'entende pas mon rire. Pourtant, quelque chose dans ses propos m'avaient heurtés : si tu me voyais. C'était certes une expression, mais employée ici, elle avait une toute autre signification à mes yeux. Et cela soulevait un problème : je commençais à avoir envie de la rencontrer. De la voir de mes propres yeux, de porter sur elle une tangibilité, de saisir qu'elle est réelle, comme moi, de chair et d'os et pas uniquement une voix dans un micro. Ce désir pulsait en moi depuis quelques temps, aiguisé par ma curiosité, mais je n'osais rien dire. Nous n'avions pas vraiment convenus d'anonymat, mais c'était plus pratique comme ça. On s'était dit tellement de choses ; la gêne et l'embarras ne pouvaient que naître d'un face à face. « Oui, et j’ai déjà bien entamé ma paie pour tout te dire. J’allais dire que ça faisait du bien de se sentir enfin un peu indépendante, mais ce n’était pas très raisonnable de dilapider ma paie dès le premier jour. Espérons que ça me serve de leçon. » J'eus un petit bruit de gorge, nouveau rire étouffé. « Allons, ne t'en veux pas trop. C'est normal que tu te récompenses après tout ton travail, non ? Et puis, l'argent est fait pour être dépensé. Tu as encore acheté des tonnes de gadgets pour la cuisine ? Comme si tu n'en avais pas assez, hein ? » J'étais volontairement taquin avec elle. Je retrouvais une certaine malice enfantine, durant nos conversations. Nous adorions nous asticoter gentiment. Je continuais à parler, sans pouvoir m'arrêter. Les sujets venaient aussi naturellement que mes idées. Aucune organisation, juste le fil de mes pensées.

Lorsque j'annonçais à Liv ma proposition, j'écoutais avec ravissement sa réponse. « Tu vas rire, mais la Grèce est un de mes pays favoris. J’adorerais avoir des recettes de gâteaux de là-bas, anciens ou récents. Merci Max, c’est vraiment gentil de ta part. Mais tu es sûr que ça ne t’en demanderas pas trop… ? » Encore une fois, elle s'inquiétait pour rien. J'eus un mouvement de la main, réalisant trop tard que ce geste de dénégation, elle ne pouvait pas le voir. « Non, ça ne me dérange pas. Pour être tout à fait franc, j'ai même déjà commencé. Que veux-tu ? J'étais content de t'imaginer toute joyeuse à l'idée de pouvoir jeter un coup d'oeil à des recettes de plats Grecs. » Je notai mentalement de repousser à plus tard quelques autres sujets de curiosité. Liv avant beaucoup de choses. J'aurai fait beaucoup, si ce n'est tout, pour entendre la joie dans sa voix, qui formait une mélodie particulière. Son timbre joyeux, le contentement dans ses tons, tout cela me faisait sourire. Parce que j'étais heureux quand elle était heureuse, c'était aussi simple à dire. Un peu moins à penser : mon côté rationnel ne comprenait pas que, même très liés comme nous l'étions, je fasse passer le bonheur de Liv avant le mien propre. Le fil de la conversation glissa sur une pente plus émotionnelle. Glissante, la pente. Je ne savais pas trop où poser mes pieds - j'allais rarement en terrain aussi marécageux. Je n'étais pas spécialement sentimental. Mais les paroles sortaient de mes lèvres sans que je le contrôle. « Oui, ça fera bientôt deux ans. C’était au début du mois de décembre. Je m’en rappelle comme si c’était hier. » Deux ans déjà. Cet hiver là, il avait beaucoup neigé. Je m'ennuyais, et j'avais envie d'étudier la psychologie. J'étais tombé par hasard sur ce site, puis sur Liv. Nous avions commencé à discuter, et nous n'avions pas tardé à nous donner nos adresses Skype. La journée était passée rapidement, et j'avais directement senti une connexion avec elle.

Je passais ma main sur mon visage. Non, ce n'était pas la fatigue qui parlait. C'était juste ce bon vieux Max que j'enfouissais sous les couches de l'indifférence et du studieux étudiant. Je m'en voulais d'avoir prononcé ces paroles là. Etaient-elles celles de trop ? Liv ne répondait pas, et je m'apprêtais à m'excuser de nouveau quand sa voix porta à travers les micros. « Merci Max. Que tu sois fatigué ou non, ce que tu viens de me dire me touche énormément. De ta part, vraiment, ça me fait plaisir à un point que tu ne peux pas imaginer. Tu es quelqu’un de merveilleux, Max. Tu es vraiment adorable et tu as changé ma vie. Vraiment, je suis sérieuse. Je ne sais pas où j’en serai aujourd’hui si tu n’avais pas été là quand j’en avais besoin, mais je sais que je n’arrive plus à imaginer ma vie sans que tu ne sois là. » Je ne m'attendais pas à ça. Je restai immobile, assis sur ma chaise, porté en arrière sur les deux pieds de mon siège. Mon coeur s'était mis à cogner dans ma poitrine. Je fermais les paupières, silencieux. J'écoutais le silence feutré de l'autre côté de mon univers : que faisait-elle en ce moment ? Je souris, et me forçais à trouver quelque chose à répondre. Au moins pour lui signifier que cela ne changeait rien. Que ce n'était ni une déclaration d'amour ni une demande étrange de se voir. Cela ne signifiait rien, mis à part qu'on avait mis des mots sur notre lien, et pourtant nous étions loin d'avoir saisi toute son étendue. « TOFFEE » Le cri me fit sursauter, et je battis des bras dans le vain espoir de me rattraper. Peine perdue, je m'échouais sur le sol telle une baleine dans un grand bruit de choc, et grognais en me redressant, m'asseyant sur mon parquet. Je grommelais tout bas en frottant mon coude en écoutant distraitement ce qu'avait fait le chaton de Liv. « Désolée d’avoir crié. Toffee est allé dans les débris de verre. » « Quel chaton adoraaaable, et si futé » grinçais-je, pince-sans-rire. J'entendis Liv qui nettoyais derrière le passage du félin, le tintement du verre. Je ne m'étais pas vraiment fait mal, mais cela avait fait s'envoler ma mélancolie passagère. Je restais quelques instants assis par terre, à reprendre mes esprits et trouver encore les bons mots pour Liv. Mais elle me devança et reprit la parole alors que je me relevais et allais m'asseoir dans mon canapé. « C’est quand même dingue. Je t’ai raconté tout ce qu’il y avait à raconter sur moi, mais c’est la première fois que je me sens gênée de t’avoir dit ce que je ressens. Mais je ne regrette pas, hein ! Et je pense tout ce que j’ai dit » « Après tout ce temps, nous avions peut-être besoin de nous dire tout ça. Tu n'as pas à te sentir gêné, Liv. Je ... J'ai le même point de vue que toi sur nous. Tu as été un pilier, un soutien quand j'avais besoin de toi. Tu m'as aidé avec Eloïse, et grâce à toi ... Je ne suis presque plus touché par la nouvelle que j'ai appris - elle a eu un second enfant. » Ma voix s'était un peu cassée, et je toussais, comme si c'était la faute de ma gorge obstruée. Foutaises. Je repris rapidement, avant qu'elle ne puisse rebondir sur ce sujet. « Mais je n'ai plus envie de parler d'elle. Elle fait partie de mon passé - c'est grâce à toi que j'ai pu en arriver là. » Je soupirais puis éclatais d'un rire joyeux, où se mêlaient des accents de surprise, comme si j'étais moi-même étonné de rire. « Je ne m'attendais pas à ce qu'on ai ce genre de discussion. Tu me connais, je ne suis pas exactement sentimental ... » Je me grattai la nuque, à moitié allongé dans mon canapé dans une position étrange, une jambe sur le dos du canapé, l'autre pendant dans le vide, un bras sous la tête et l'autre sur le ventre. « Tofee va bien ? Quel idiot ce chat quand même. C'est pour ça que je ne veux pas d'animal chez moi : j'adore les chats et les chiens, mais ils ne peuvent s'empêcher de se fourrer partout. Avec mes deux grosses unités centrales qui tournent en permanences, je n'ai pas besoin d'une boule de poil qui risquerait de mâchouiller un fil. Il a quel âge déjà, ce félin suicidaire ? Va falloir que tu lui en apprennes, des choses. Comme par exemple, verre égal danger. Sinon, demain tu vas le voir jouer dans le bain avec un sèche-cheveux. » C'était une mauvaise blague, et là c'était vraiment la fatigue. Mis à part ce besoin constant que j'avais de faire de l'humour, c'était surtout pour dégoupiller un peu la situation qui avait semblé s'embourber dans un sentimentalisme qui m'angoissait. Peut-être parce que j'avais peur (un peu) des émotions qui palpitaient encore en moi, à l'annonce des paroles de Liv. Je n’arrive plus à imaginer ma vie sans que tu ne sois là. Moi non plus, Liv, je n'imagine pas vie sans toi. Mais cette fois-ci, ce fut seulement une pensée. Nul mot ne franchit mes lèvres. Car parfois, les mots sont aussi tranchants que des bouts de verre, et la raison souhaiterait bien s'y jeter tel un chaton insouciant.


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MessageSujet: Re: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:30




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« Allons, ne t’en veux pas trop. C’est normal que tu te récompenses après tout ton travail, non ? Et puis, l’argent est fait pour être dépensé. Tu as encore acheté des tonnes de gadgets pour la cuisine ? Comme si tu n’en avais pas assez, hein ? » Liv arbora un énorme sourire. Max ne la connaissait que trop bien. Il savait quoi dire pour la rassurer comme pour la consoler, il trouvait toujours les mots justes. Et cette manière qu’il avait de la taquiner la faisait toujours sourire. « Tu peux parler, hein ! » dit-elle en éclatant de rire. Elle savait qu’elle n’était pas la seule à faire des achats compulsifs. Max lui envoyait régulièrement des photos de ses derniers joujoux électroniques et bien trop techniques pour elle. Elle se demandait d’ailleurs souvent s’il ressentait la même chose qu’elle lorsqu’elle lui envoyait ses photos de gadgets culinaires : complètement perdue, mais tout de même un peu curieuse et impressionnée. « J’ai acheté surtout de quoi faire de la décoration, mais j’ai craqué pour un tout nouveau plateau tournant. Celui que j’avais a rendu l’âme il y a quelques jours. » Max devait certainement se demander ce qu’était un plateau tournant, tout comme elle se demandait encore aujourd’hui ce qu’était la plupart des choses qu’il achetait. Liv pensait souvent à lui offrir quelque chose (bien qu’elle ne sache pas comment lui faire parvenir ce cadeau en tout anonymat), mais elle était souvent bloquée sur ce qu’elle pouvait bien lui choisir. Peut-être pourrait-elle se rendre dans un de ces magasins portés technologie et demander de l’aide aux vendeurs ? C’était certainement la meilleure chose à faire. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qui pourrait plaire à Max, si ce n’était un bon petit gâteau. Lui pourtant semblait pouvoir lire en elle comme dans un livre ouvert et trouver sans problème ce qui lui ferait plaisir. Comme cette histoire de traduction de recette, par exemple. « Non, ça ne me dérange pas. Pour être tout à fait franc, j’ai même déjà commencé. Que veux-tu ? J’étais content de t’imaginer toute joyeuse à l’idée de pouvoir jeter un coup d’œil à ces recettes de plats Grecs. » Liv ne put retenir un nouveau sourire. « C’est vraiment adorable, merci. »

Puis ils commencèrent à parler à cœur ouvert. Cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé. Pourtant, jamais ils ne s’étaient confiés aussi intiment qu’ils venaient de le faire. Jusqu’à présent, Liv avait parlé de son ressenti face à sa rupture avec Tobias, comment elle le vivait au fur et à mesure que le temps passé. Elle avait parlé de sa sœur, de sa relation fusionnelle avec elle. Elle avait parlé de son récent déménagement à Wellington, de l’excitation, mais aussi de la peur que ce grand changement occasionnait en elle. Mais jamais encore elle ne lui avait confié ce qu’elle pensait réellement de lui. Jamais elle n’avait mis de mots concrets sur ses sentiments. Et maintenant qu’elle l’avait fait, tout lui semblait plus… réel, authentique. Bien sûr, ils savaient au fond d’eux ce qui se passait, qu’ils tenaient terriblement l’un à l’autre. Mais ces mots prononcés avaient en quelque sorte changé quelque chose, même s’ils ne semblaient pas encore le remarquer complètement. Puis le silence et l’arrivée de Toffee, la catastrophe ambulante. Liv entendit un bruit sourd de l’autre côté de son écouteur à peine eut-elle terminé de parler. Un bruit sourd et fort. « Est-ce que ça va ? C’était quoi ce bruit ? » Mais elle n’eut pas le temps d’attendre et se précipita derrière son chat avant qu’il ne fasse de bêtises. « Quel chaton adoraaaable, et si futé. » entendit-elle de l’autre côté de l’écouteur. Elle sourit timidement tout en ramassant les débris de verre et jeta le tout à la poubelle. Elle se demandait ce que pensait son ami de tout ce qu’ils venaient de se confier. Était-il aussi gêné qu’elle ? Sans le savoir, Liv allait bientôt obtenir les réponses à toutes ses questions muettes. « Après tout ce temps, nous avions peut-être besoin de nous dire tout ça. Tu n’as pas à te sentir gênée Liv. Je… J’ai le même point de vue que toi sur nous. Tu as été un pilier, un soutien quand j’avais besoin de toi. Tu m’as aidé avec Eloïse, et grâce à toi… Je ne suis presque plus touché par la nouvelle que j’ai appris – elle a eu un second enfant. » Liv était muette, le choc lui avait ôté tout mot de la bouche. Eloïse, le premier amour de Max, avait eu un deuxième enfant ? Elle ne pouvait pas imaginer ce que son ami devait ressentir. Sa souffrance devait être grande, sa voix s’était brisée sur les dernières syllabes. Elle aurait voulu trouver les mots pour le consoler, lui dire que tout allait bien se passer et qu’il finirait par ne plus être affecté par ce genre de nouvelles. Mais elle ne pouvait pas. Elle savait que ce ne serait probablement pas vrai, pas pour un moment en tout cas. Aujourd’hui encore, il arrivait à Liv d’apprendre certaines choses à propos de Tobias par le biais de ses amies restées sur le Vieux Continent. Lorsqu’elle entendait parler de lui, elle prétendait toujours que plus rien ne l’atteignait, mais en réalité le simple fait d’entendre son nom pouvait encore la faire souffrir. « Je… » Elle n’eut pas le temps de parler, Max avait repris la parole. « Mais je n’ai pas envie de parler d’elle. Elle fait partie de mon passé – c’est grâce à toi que j’ai pu en arriver là. » Un énième sourire pointa sur les lèvres de l’Anglaise. Elle entendit alors Max éclater de rire soudainement, sans qu’elle ne puisse tout de suite comprendre pourquoi. Elle était encore en train de songer à toute cette histoire avec Eloïse et le rire de son ami l’avait un peu secouée. « Je ne m’attendais pas à ce qu’on ait ce genre de discussion. Tu me connais, je ne suis pas exactement sentimental… » Comprenant alors la situation, Liv éclata à son tour de son rire cristallin. Ils rirent quelques secondes à l’unisson et elle s’en sentit apaisée. L’atmosphère était finalement revenue à la normale et tous les deux semblaient en être rassuré. « Moi non plus. Mais ça me fait plaisir de savoir tout ça. »

Un bruit attira alors son attention. Un bruit de griffes contre une porte. Un bruit synonyme de dégâts si elle ne se dépêchait pas d’aller ouvrir au chaton, qui détestait être enfermé dans une pièce. « Toffee va bien ? Quel idiot ce chat quand même. C’est pour ça que je ne veux pas d’animal chez moi : j’adore les chats et les chiens, mais ils ne peuvent s’empêcher de se fourrer partout. Avec mes deux grosses unités centrales qui tournent en permanence, je n’ai pas besoin d’une boule de poil qui risquerait de mâchouiller un fil. Il a quel âge déjà, ce félin suicidaire ? Va falloir que tu lui en apprennes, des choses. Comme par exemple, verra égal danger. Sinon, demain tu vas le voir jouer dans le bain avec un sèche-cheveux. » Liv ne put retenir un nouvel éclat de rire. Elle ouvrit la porte et attrapa le petit monstre qui essaya de sortir à toute allure. Elle le porta tout contre elle et alla s’installer dans son canapé pour la première fois depuis qu’elle était rentrée. Le rangement du reste des courses attendrait. « Il va bien, il ronronne dans mes bras là. Je crois qu’il a, quoi, bientôt quatre mois ? Ça ne fait pas si longtemps que je l’ai. » Assise confortablement dans le moelleux du siège, Liv ramena ses genoux à elle et continua de caresser le félin qui demandait sans cesse des câlins. Elle avait toujours rêvé d’avoir un chat, mais n’avait jamais pu jusqu’à aujourd’hui. Toffee n’était certes pas toujours facile, mais il restait un jeune chaton. Avec le temps, il s’assagirait et deviendrait plus calme. Du moins, elle l’espérait, même si elle devait admettre qu’elle aimait bien ce petit tourbillon de bêtises. « Ah oui, d’ailleurs ! » Elle déposa le chaton à côté d’elle sur le canapé, chaton qui n’était pas content d’être délaissé ainsi. Ignorant (certes avec peine) ses petits miaulements incessants, Liv attrapa son ordinateur et commença à pianoter sur les touches. « J’ai fait ça il y a quelques jours et j’ai oublié de t’en parler. » Elle lui envoya le lien d’un blog qu’elle venait de commencer tout récemment. Un blog de pâtisserie évidemment, qu’elle essayerait de tenir régulièrement en postant diverses recettes ou astuces afin de les partager avec des internautes du monde entier. Elle n’avait pour l’instant posté qu’un premier sujet de présentation, tout en restant très évasive sur sa personne. Liv, pâtissière à Wellington, à votre service. « Qu’est-ce que tu en penses ? Je ne suis pas très douée pour la mise en page et ce genre de choses, mais j’avais envie de me lancer là-dedans. » C’était une façon comme une autre d’agrandir son petit monde. Elle savait que ce ne serait pas pour elle une activité des plus reposantes, mais elle pouvait demander de l’aide à Blue pour les photos. Et puis elle aimait bien écrire de temps à autres, alors un blog était l’idée la plus adéquate. Tout en attendant la réponse de Max, Liv regarda son tout premier article, avec tout en haut de la page une photo d’elle de dos.


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MessageSujet: Re: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:30

Maxwell P. Anderson a écrit:


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« Tu peux parler, hein ! » Elle n'a pas tord. Je gagne assez d'argent en travaillant ici et là avec mes dons pour m'acheter les dernières nouveautés technologiques - que je ne manque jamais de lui montrer par photos, tout fier. Heureusement qu'elle ne peut que s'imaginer mes sourires débiles, quand je fais joujou avec mes bricoles à la mode. « J’ai acheté surtout de quoi faire de la décoration, mais j’ai craqué pour un tout nouveau plateau tournant. Celui que j’avais a rendu l’âme il y a quelques jours. » Je retiens mes paroles : ce genre de choses triviale, je peux les réparer facilement, en changeant les pièces. Mais ce serait une torture légère, aussi douce et douloureuse qu'une piqûre. Nous ne nous voyons pas. Je ne suis pas là physiquement pour l'aider. Alors ces mots ne servent à rien, et je les laisse mourir dans ma tête. Je préfère faire des choses qu'elle peut concrètement voir. Comme la traduction des plats. « C’est vraiment adorable, merci. » C'est elle, qui est adorable. Elle a un côté simple, en se satisfaisant de la moindre chose. J'aime ça. J'aime que cela lui fasse plaisir. Alors je me contente de sourire, en écoutant sa voix, son timbre modulée et mélodieux. Je pourrais passer le reste de ma vie avec sa voix dans l'oreille.

Je frotte mes fesses et mon coude. Le choc n'a pas été rude, plutôt brusque. « Est-ce que ça va ? C’était quoi ce bruit ? » Je préfère ne pas lui dire que je suis tombé et j'enchaîne sur autre chose. Les morts sortent de ma bouche, s'enchaînent d'eux-même comme vivants. Liv me laisse parler, et je lui suis reconnaissant de ne pas m'interrompre. « Il va bien, il ronronne dans mes bras là. Je crois qu’il a, quoi, bientôt quatre mois ? Ça ne fait pas si longtemps que je l’ai. » Un chaton. Ca mordille les fils, ça court partout, ça demande de l'attention. J'aimais les animaux, mais je n'étais déjà pas assez conscient de mon bien-être, alors un animal ... « Ah oui, d’ailleurs ! » Son exclamation me sort de ma rêverie. « J’ai fait ça il y a quelques jours et j’ai oublié de t’en parler. » Je clique sur le lien qu'elle envoie. Un large sourire étire mes traits - un blog de pâtisserie. Je lis en diagonale les textes, faisant attention à cela tout d'abord. « Qu’est-ce que tu en penses ? Je ne suis pas très douée pour la mise en page et ce genre de choses, mais j’avais envie de me lancer là-dedans. » Je comprend, et mon regard se fait critique. Je note mentalement ce qu'il y a à changer, puis je reprends la parole doucement. « Il y a quelques erreurs de codage ici et là. Mais j'aime la simplicité de ce qu'il y a. C'est accrocheur, et j- » Ma voix se tait, comme prise dans l'étau de ma gorge. La photo. La demoiselle, là ... De dos ... C'était Liv ? Mon coeur tambourine dans ma poitrine. Comme pour dégoupiller l'émotion intense qui m'étreint, je parle. Je dis des bêtises. Comme toujours. « Joli dos. Vraiment. On t'as déjà dis que tu avais les plus belles épaules du monde ? Sinon, pour ce qui est de la mise en page, je peux toujours t'aider un peu en te refilant des codages et en modifiant quelques paramètres, mais c'est seulement si tu veux. » Je me tais encore. Je manque de m'étrangler. Je ne m'étais pas attendu à voir le dos de Liv. Ce n'est que son dos, bon dieu. Mais justement. C'était son dos. Je pouvais deviner sa silhouette, et ... Elle est brune. Je respire et quitte le site. Je suis au bord de la syncope. « Tiens ... Hors sujet total mais ... J'ai un mentor, en criminologie. Un criminologue assez réputé du coin. Je risque d'aller sur des scènes de crime, d'entrer enfin sur le terrain. J'ai une plaque temporaire, en tant que consultant - et puis on m'a avoué que mes talents informatiques seraient bienvenus. Je compte demander un poste là-bas, quand j'aurai fini mes études. » Pourquoi j'ai besoin de dire tout ça ? Pour m'ancrer dans ma réalité. Pour poser mes marques. Peut-être pour lui montrer que, d'ici bientôt ... Je serai quelqu'un de stable. Pourquoi j'aurai besoin de lui démontrer ça ? Je suis perdu et je passe ma main dans mes cheveux, mon coude me faisant encore un peu mal. « C'est bientôt les fêtes de fin d'année. Tu as des choses de prévues ? » Je tente de m'écarter de tout. Mais la vision de la photo continue de danser devant mes yeux. C'est la première fois que j'ai un aperçu, même minime, du physique de Liv. Suis-je déçu ? Non, ce n'est pas ça. C'est une espèce d'excitation, comme un gamin ouvrant un cadeau - je n'ai pas vu son visage. Mais son dos, ses épaules, le galbe de ses hanches disparaissant dans la réalité que la photo n'a pas prise. Je déglutis et ferme les yeux. Je dois chasser cela de ma tête - elle n'a pas voulu volontairement me montrer ça, si ?


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MessageSujet: Re: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:30




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Liv lui avait envoyé le lien de son blog sur un coup de tête. Elle n’avait ni réfléchi à ce qu’il en penserait, ni réalisé ce que cette photo d’elle pourrait provoquer, oubliant même qu’elle l’avait postée. Dans sa tête, il était plus que naturel de montrer à son ami ce qu’elle avait réussi à faire d’elle-même (elle qui n’était franchement pas très débrouillarde avec un ordinateur) et ses arrière-pensées s’arrêtaient là. Elle attendit dans un silence presque religieux l’avis de Max, qui comptait énormément à ses yeux. Quand sa voix claire et sûre d’elle se fit entendre, Liv retint son souffle le temps d’un instant. « Il y a quelques erreurs de codage ici et là. Mais j’aime la simplicité de ce qu’il y a. C’est accrocheur, et j- » Et tu… ? Comprenant que quelque chose avait attiré son attention, Liv mordilla sa lèvre dans l’attente de la suite. Elle était déjà heureuse de son compliment concernant la simplicité. C’était son but, elle aimait ce qui était épuré et minimaliste, tout en restant quand même travaillé. « Joli dos. Vraiment. On t’a déjà dit que tu avais les plus belles épaules du monde ? Sinon, pour ce qui est de la mise en page, je peux toujours t’aider en te refilant des codages et en modifiant quelques paramètres, mais c’est seulement si tu veux. » « Comment ça joli d- » Liv s’arrêta d’un seul coup, réalisant ce qu’elle avait fait. Max ne l’avait jamais vue, il ne savait même pas de quelle couleur étaient ses cheveux ou quelle était sa silhouette. Mais maintenant oui, suite à sa bêtise. Maintenant, il pouvait voir ses longs cheveux bruns bouclés en cascade, ses épaules dénudées, la ligne de son dos. Elle était bien évidemment habillée sur cette photo, mais le dos-nu qu’elle portait pouvait clairement montrer sa silhouette affinée. « Je… D’accord, merci pour tous ces conseils, je vais essayer de faire quelque chose d’encore plus sympathique ! » Mieux valait mettre de côté toute cette histoire de photo, Max avait sûrement déjà oublié. Il ne s’intéressait pas à elle de cette manière, il pensait certainement qu’elle n’avait rien d’extraordinaire. Liv ne pouvait s’empêcher d’être déçue de ses propres pensées, comme si elle avait voulu finalement entendre un J’aimerais qu’on se rencontre suite à cette soudaine dose de réalité. Elle secoua la tête pour chasser cette idée de sa tête. Ce n’était pas le moment. Elle réfléchissait à la manière de reprendre la conversation de manière naturelle quand, pour son plus grand bonheur, Max s’en chargea. « Tiens… Hors sujet total mais… J’ai un mentor, en criminologie. Un criminologue assez réputé du coin. Je risque d’aller sur des scènes de crime, d’entrer enfin sur le terrain. J’ai une plaque temporaire, en tant que consultant – et puis on m’a avoué que mes talents informatiques seraient bienvenus. Je compte demander un poste là-bas, quand j’aurai fini mes études. » « Wow ! C’est vraiment une super nouvelle, je suis contente pour toi. Réputé comment ? Et ne prends pas trop la grosse tête quand tu sauveras la vie de tout le monde au travail avec tes prouesses informatiques. » dit la jeune Anglaise avec un grand sourire sur les lèvres. Elle était sincèrement heureuse pour lui, il avait trouvé ce qu’il aimait, ce pour quoi il était venu au monde. « Tu feras attention hein. Je ne sais pas trop en quoi ça consiste finalement, être criminologue, mais promets-moi que tu feras attention. » Les mots étaient sortis tous seuls, sans qu’elle ne puisse les arrêter. La peur de pouvoir un jour perdre cet être qui lui était devenu si cher lui était tout simplement insupportable. Cette peur avait beau être infondée, elle était bel et bien là. « Enfin bref. » dit-elle en éclatant de rire tant tout ceci semblait absurde. Max devait la prendre pour une folle, à rire sans aucune raison soudainement. Dans un soupir, elle caressa du bout des doigts le chaton qui s’était endormi, collé contre sa jambe.
« C’est bientôt les fêtes de fin d’année. Tu as des choses de prévues ? » Le visage de Liv s’illumina en entendant parler de Noël. Ça avait toujours été sa fête préférée. La neige, le sapin, toute cette ambiance festive et chaleureuse. Elle se réjouissait que Noël arrive, afin de pouvoir offrir à tous ses proches les cadeaux qu’elle leur avait soigneusement choisis. « Oui ! Nos parents doivent venir d’Angleterre pour les fêtes, je me réjouis de les revoir. Ça fait quand même plusieurs mois que nous sommes parties. Et toi ? Que vas-tu faire ? » Tout en attendant sa réponse, Liv s’étira de tout son long et se réinstalla sur le canapé. Le chaton, dérangé par la manœuvre, manifesta son mécontentement avant de grimper sur les jambes de sa propriétaire et de s’y rendormir. L’Anglaise regarda par la fenêtre du salon les immeubles baignés dans le soleil. Avec nostalgie, elle se rappela les hivers blancs qu’elle avait vécu en Angleterre. « La seule chose qui va véritablement me manquer ici, c’est un Noël sous la neige. C’est assez bizarre d’avoir un Noël en plein été. » dit-elle en rigolant. Elle se disait que Max n’avait jamais eu la même expérience qu’elle, puisqu’il avait toujours vécu en Australie avant de venir à Wellington. Elle se surprit même à penser qu’un jour peut-être, elle retournerait fêter Noël en Angleterre, et dans ce rêve éveillé, son ami était là, avec elle. Ça semblait si proche, si réel. Cette sensation, elle la ressentait de plus en plus souvent. C’était comme avec cette histoire de photo. C’était devenu si naturel pour elle qu’elle en avait oublié que la distance était toujours là. « Désolée pour tout à l’heure… Avec la photo. Je sais qu’on voulait garder cet anonymat, mais j’ai oublié qu’elle était là. Enfin non, je n’ai pas oublié qu’elle était là, mais l’espace d’une seconde, j’ai eu comme l’impression qu’on avait déjà franchi cette ligne. Je te parle tous les jours, tu n’es plus un inconnu. Et c’est cette impression qui m’a fait oublier que nous restons des étrangers finalement. Enfin… Tu vois quoi. » Et sur cet emmêlement de pinceau magistral que Liv décida de se taire.



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MessageSujet: Re: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:31

Maxwell P. Anderson a écrit:


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Avec Liv



« Comment ça joli d- » Elle percute. Mais moi, ça m'a aussi fait un certain choc. Oui, je suis maître en euphémisme. Moi qui auparavant ne l'imaginait pas - oh, certes, j'avais déjà rêvé d'elle, mais sous les traits de mon imagination - j'avais à présent des informations sur son physique. A dire vrai, cela me tiraillait entre deux émotions. J'étais mécontent, parce que cela avait quelque chose de soudain tangible, et donc de cassable. Comme un lien invisible qui serait soudain devenu de corde, facilement brûlée. Mais en même temps, je ne pouvais détacher mes yeux de cet écran, même si la photo n'y était plus. Je revoyais sa taille, ses longs cheveux bruns. Alors comme ça, tu es brune ? « Je… D’accord, merci pour tous ces conseils, je vais essayer de faire quelque chose d’encore plus sympathique ! » Mes tentatives de changer de sujet réussirent, mais même en écoutant la réponse enthousiaste et un peu inquiète de Liv, je n'arrivais pas à sourire comme d'habitude. « Wow ! C’est vraiment une super nouvelle, je suis contente pour toi. Réputé comment ? Et ne prends pas trop la grosse tête quand tu sauveras la vie de tout le monde au travail avec tes prouesses informatiques. » Rire. Sauver la vie de tout le monde ? Par tous les dieux, ce n'était pas moi. Je n'étais pas chevaleresque à ce point là. Mais qu'elle se l'imagine me faisait du bien. J'avais le sentiment diffus d'être une espèce de héros en devenir ... « Tu feras attention hein. Je ne sais pas trop en quoi ça consiste finalement, être criminologue, mais promets-moi que tu feras attention. Enfin bref. » « Oh. Hem. Promis ? » C'était maladroit, mais je ne m'étais pas attendu à ce qu'elle s'inquiète de ce qui puisse m'arriver. Je ne m'en étais d'ailleurs pas inquiété moi-même ! Est-ce que j'allais risquer ma vie ? Bah, cela n'avait pas d'importance, dans le fond, parce que je voulais me battre pour la justice. J'avais toujours été droit, comme type. Le genre à lunette, qui essaye de faire le bravache avec ses blagues à deux sous, l'intello de service qui refuse le moindre encart. Normal que j'ai eu si peu d'amis !

Le sujet fêtes de fin d'années sembla ramener un peu de vie dans notre discussion. Peu s'en fallait pour me changer les idées - tout sauf laisser mon imagination fertile et ma logique sans faille tenter d'imaginer le reste de Liv. Ce n'était pas ce qu'elle voulait ; ce n'était pas ce que je voulais, moi. « Oui ! Nos parents doivent venir d’Angleterre pour les fêtes, je me réjouis de les revoir. Ça fait quand même plusieurs mois que nous sommes parties. Et toi ? Que vas-tu faire ? » « Sûrement rentrer voir mes parents en australie. Je suis fils unique, alors ils voudront me voir. Mais je ne resterai pas longtemps. » L'espace d'un instant, je me demandai ce que cela ferait, que de fêter noël avec Liv. Est-ce qu'on s'offrirait des cadeaux le soir, est-ce qu'on se chamaillerait pour savoir qui choisit le programme télé ? Est-ce qu'elle préférerait manger du foie gras, des escargots ? Je secouai la tête. Le chamboulement en moi était tel que j'en étais pétrifié sur ma chaise, les mains crispées sur mes accoudoirs. « La seule chose qui va véritablement me manquer ici, c’est un Noël sous la neige. C’est assez bizarre d’avoir un Noël en plein été. » J'aimerais la voir rire. Cette pensée est aussi fulgurante qu'indélicate. Je grimace, mais je ne peux m'empêcher de répondre, curieux, doucement : « Un noël sous la neige, hm ? Ca me fait penser à ces cartes vendues pour les fêtes. J'aimerais bien vivre ça un jour. La glace, le verglas, les flocons, les bonhommes de neige ... Tu as dû beaucoup t'amuser, avec ta soeur. » J'ai moi-même un rire dans la voix. Je ferme les yeux et inspire. Un léger silence nous enveloppe, et j'espère de tout coeur ne pas l'avoir offensé avec mes paroles de tout à l'heure. Sous le choc, j'avais dis n'importe quoi. Comme d'habitude ... « Désolée pour tout à l’heure… Avec la photo. Je sais qu’on voulait garder cet anonymat, mais j’ai oublié qu’elle était là. Enfin non, je n’ai pas oublié qu’elle était là, mais l’espace d’une seconde, j’ai eu comme l’impression qu’on avait déjà franchi cette ligne. Je te parle tous les jours, tu n’es plus un inconnu. Et c’est cette impression qui m’a fait oublier que nous restons des étrangers finalement. Enfin… Tu vois quoi. » Je me tais. Aurais-je commis la même erreur, à sa place ? Non. Mais je ne lui en voulais pas. Parce que c'était Liv. Et que, dans le fond, j'avais toujours été dévoré de curiosité. Je dois répondre quelque chose. Parce que Liv se sent coupable. Je le sais. « C'est pas grave, tu sais. Effectivement, je n'avais jamais imaginé vouloir te voir. Au début. Je me disais que, si on se liait amicalement, on avait nul besoin d'emmêler le physique avec ça, parce qu'il y a toujours des histoires. On se plait, on ne se plait pas, tout ça ... Mais ... La curiosité est humaine. Je ne pense pas être le seul de nous deux à s'être un jour demandé à quoi l'autre ressemble. Dans ma tête, tu n'avais jamais de consistance spéciale, je t'imaginais, un peu comme un fantôme. » Je ris, parce que ce n'est pas très flatteur, et je suis gêné d'avoir dis ça. Je reprends, rapidement. « Je ne voulais pas imaginer ton visage. Parce que je pensais que c'était mieux ... Mais ... Maintenant j- je ... » Les mots se chamboulent dans ma tête, et ma froid tressaille. Je déglutis et je dis enfin les mots, presque douloureux. « Peut-être que ça me plairait de te voir. Envisager ça, ça ne me fait plus aussi peur. Parce que je sais qu'on peut dépasser le stade des préjugés physiques, tu vois ? Qu'on peut ... Comment dire ? Se voir sans avoir à décider si on se plait ou non. » Je ne veux pas qu'elle croit qu'elle pourrait me déplaire. Le physique n'a jamais été mon fort, que ce soit pour plaire ou me plaire - je ne fais jamais attention aux détails charnels. Oh, bien sûr, je trouve certaines filles jolies, mais je suis assez distant avec ça. J'inspire encore, et hausse les épaules, vaincu. Oui, j'adorerais voir Liv. Avec un autre rire, je ne peux m'empêcher de dédramatiser tout ça avec une blague nulle : « Et puis, après avoir vu tes épaules en photo, je ne peux que désirer les voir en vrai ! De très belles épaules, je t'assure ! » C'est dit d'un ton railleur. Mais dans un coin de ma tête, un mot flotte. Jolie. Je la trouve ... jolie, je crois. De dos. Sa cascade de boucles, aux reflets sombres, et sa peau ... Je secoue la tête. Allons, ce n'est pas mon genre de m'attarder sur les parties physiques. Alors pourquoi l'image de son dos m'obsède tant ?! Pourquoi mon coeur bat la chamade, à tout rompre, dans mes côtes ? J'ai l'impression de retomber en enfance, quand Eloïse venait me secourir face aux méchants garçons. Une idée toute bête m'effleure - Liv serait-elle en train de prendre la place d'Eloïse ? Elle est un pilier, mais je n'avais jamais fait le rapprochement, parce que je n'avais jamais osé. Jamais imaginé ça. Je me prend un coup quasi physique - est-ce que je ressentirais autre chose que de l'amitié pour Liv ?


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MessageSujet: Re: we are anonymous livmax   Jeu 28 Mai - 21:33




WE ARE ANONYMOUS.


when life leaves you high and dry, i'll be at your door tonight, if you need help. i'll shut down the city lights, i'll lie, cheat, i'll beg and bribe to make you well.


Liv n’en pouvait plus d’attendre que les fêtes de fin d’année n’arrivent. Elles signifiaient non seulement qu’elle allait pouvoir revoir ses parents adoptifs, mais également qu’une nouvelle année allait débuter, et avec elle une vague de renouveau. Qui sait ce que 2015 lui réservait ? Du succès dans la pâtisserie peut-être ? Des fans sur son blog ? Une rencontre avec Max ? Elle secoua la tête pour chasser cette idée, une fois de plus. Dans l’immédiat, il aurait pu être dans l’appartement d’à côté, c’était comme s’il vivait à des kilomètres de là. Elle s’intéressa alors à sa réponse quant à ses projets de fin d’année. « Sûrement rentrer voir mes parents en Australie. Je suis fils unique, alors ils voudront me voir. Mais je ne resterai pas longtemps. » Oui, rentre vite se surprit-elle à penser. Un Noël avec Max était au-delà du possible, elle le savait, mais elle ne pouvait s’empêcher d’y repenser à chaque seconde qui passait. Depuis quand était-elle aussi intéressée à le rencontrer ? « Un noël sous la neige, hm ? Ça me fait penser à ces cartes vendues pour les fêtes. J’aimerais bien vivre ça un jour. La glace, le verglas, les flocons, les bonhommes de neige … Tu as dû beaucoup t’amuser, avec ta sœur. » Ses lèvres s’étirent à nouveau dans un sourire radieux. Elle se rappelait les heures qu’elles avaient passé dehors, à se geler les mains tant elles étaient heureuses de jouer avec la neige. « Oui, c’était une époque où on était assez insouciantes. Enfin, quand nos parents étaient encore là… Après ça, c’était différent, on ne pouvait plus rester les mêmes. » Un flot de sentiments nostalgiques l’envahit et elle garda les yeux rivés sur ce qu’il y avait de l’autre côté de la fenêtre, à l’extérieur de l’appartement. Elle s’obligea à rester là, dans le monde réel, à ne pas se réfugier dans le passé, dans ses souvenirs où tout était si facile.

Peut-être que Liv et Max avaient finalement besoin de partager ces confidences, ces sentiments qu’ils ressentaient pour l’autre. L’Anglaise lui avait ouvert son cœur, lui avait confié indirectement qu’elle ne savait plus quoi penser. Leurs relations, si clairement définies au début, étaient devenues floues sans qu’ils ne puissent rien y faire. L’amour, l’amitié, la confiance, tout un tourbillon d’émotions se mélangeant les unes aux autres, désormais indissociables. « C’est pas grave, tu sais. Effectivement, je n’avais jamais imaginé vouloir te voir. Au début. Je me disais que, si on se liait amicalement, on avait nul besoin d’emmêler le physique avec ça, parce qu’il y a toujours des histoires. On se plaît, on ne se plaît pas, tout ça … Mais … La curiosité est humaine. Je ne pense être le seul de nous deux à s’être un jour demandé à quoi l’autre ressemble. Dans ma tête, tu n’avais jamais de consistance spéciale, je t’imaginais, un peu comme un fantôme. » Le rire de Liv résonna avec celui de Max à l’autre bout du fil. C’était comme ça qu’elle l’imaginait aussi. Sans consistance, c’était exactement ça. Max, ça avait toujours été une voix, mais elle savait qu’il y avait aussi un corps. « Je ne voulais pas imaginer ton visage. Parce que je pensais que c’était mieux … Mais … Maintenant j-je … » Liv sentit le rouge lui venir aux joues instantanément. Son cœur s’était mis à s’emballer, les mots de Max la touchaient davantage. « Peut-être que ça me plairait de te voir. Envisager ça, ça ne me fait plus aussi peur. Parce que je sais qu’on peut dépasser le stade des préjugés physiques, tu vois ? Qu’on peut … Comment dire ? Se voir sans avoir à décider si on se plait ou non. » Elle se sentit soulagée, rassurée de ne pas être la seule à s’être mise à espérer plus. « Et puis, après avoir vu tes épaules en photo, je ne peux que désirer les voir en vrai ! De très belles épaules, je t’assure ! » Une fois de plus, la jeune femme éclata de rire. Oui, c’était peut-être une chose qu’ils pourraient faire un jour. Se rencontrer sans se juger, sans décider s’ils se plaisent ou non. Se rencontrer parce qu’ils tiennent l’un à l’autre et que cette relation mérite d’être chérie et protégée. « Oui, tu as raison. On en reparlera de tout ça. » Elle se leva et s’étira, s’apprêtant à reprendre la parole lorsqu’elle entendit des pas s’approcher de la porte d’entrée et un bruit de clé provenir de l’autre côté. « Ah, je crois que Blue ou Aria est en train de rentrer. Je vais te laisser et aller voir qui c’est. On se parle plus tard ? » Elle se baissa devant son écran et retint l’espace d’une seconde sa respiration. Elle aurait voulu que le temps s’arrête là, parce qu’elle se sentait bien, sereine. « Bye Maxou. » Et elle cliqua sur le téléphone rouge, arrêtant là la conversation. La porte s’ouvrit et laissa apparaître deux jeunes femmes. Finalement, ce n’était ni Blue seule, ni Aria seule. Liv se précipita pour leur faire un câlin et, tout sourire, elles se mirent à papoter. Mais, dans un coin de sa tête, l’Anglaise pensait à Max, à tout ce qu’ils s’étaient confié aujourd’hui. Ils avaient fait un grand pas dans leur relation, mais dans quelle direction allaient-ils ? Où tout ça allait-il les mener ? Une chose était sûre, elle tenait à lui plus qu’elle ne le croyait.


liv
max


love.disaster

Désolée, conclusion pourrie, mais j'ai tellement hâte de commencer le nouveau. :hate:
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